Déchets 2024 – LE PLAN DU RENIEMENT

Le 24 juillet 2024
Le rapport définitif du Plan territorial des déchets sera présenté par l’Exécutif à la prochaine session de l’Assemblea di Corsica. Il fixe pour 12 ans les orientations de gestion des déchets.
La version définitive ne tient pas compte de l’Enquête publique, au cours de laquelle plus de 500 personnes (qualifiées « d’acculturées » dans la délibération) ont exprimé leur vive opposition.
Ce Plan, basé sur des données plus qu’aléatoires et largement surévaluées, comme l’ont relevé les Commissaires enquêteurs et la Chambre régionale des comptes, entérine définitivement le TMB (tri industriel), la fabrication et le brûlage à grande échelle de 150 000 tonnes de CSR – combustibles solides de récupération, autrement dit leur incinération (p 150 du Plan).
Affirmer d’un côté la priorité aux biodéchets et au tri à la source, et construire des tris industriels, c’est une contradiction majeure, au vu des tonnages entrants considérables qui sont annoncés dans ces centres.
Laisser croire que le brûlage des plastiques fournit une énergie « renouvelable », alors qu’il s’agit de pétrole transformé, c’est encore nier la réalité !
Faire l’impasse sur les graves dangers de l’incinération pour la santé et l’environnement, alors que nous subissons déjà des pollutions continues (centrales, transports, bateaux), c’est impensable.
Le brûlage de CSR produit, en plus des fumées, des rejets particulièrement toxiques : mâchefers, Refiom, qu’on ne sait pas traiter et qu’il faudra stocker, ou pire, disperser sur les routes ; et ce n’est pas en y ajoutant du bois, comme annoncé dans le Plan, qu’on supprimera leur toxicité !
Les coûts exorbitants des centres de TMB/CSR et des chaudières d’incinération seront assumés par les contribuables : on compte ici en centaines de millions d’euros : 268 M pour chaque centre (investissement et fonctionnement sur 10 ans), plus 119 M d’incinérateurs.
Pour le plus grand profit des opérateurs déjà en place, au détriment des usagers, avec les risques de dérives dont nous sommes tous conscients
L’Exécutif réaffirme, comme une litanie, sa volonté de « gestion publique des déchets », mais la réalité est exactement inverse !
• Le transport des déchets en vrac des quais de transfert vers les sites de stockage est déjà aux mains du privé.
• L’enfouissement des déchets est aussi privé : Fium’orbu et Vighjaneddu.
• Pour la construction et la gestion des centres de surtri dits « multifonctions », en réalité du Tri mécano biologique avec incinération, les marchés ont déjà été attribués…à des privés – avant même la promulgation du Plan !
Donc affirmer à ce stade le « principe de gestion publique des déchets » est un déni de la réalité : de fait, nos déchets sont déjà aux mains des opérateurs privés sur toute la filière.
Ce Plan est à l’inverse des fondamentaux portés par les nationalistes depuis 2007. Il entérine l’échec de l’Exécutif à imposer à certains EPCI et au Syvadec la vision qui était la sienne et qui réussit pourtant de façon remarquable si près de nous, en Toscane et en Sardaigne (et même dans la CC Calvi/Balagna, déjà à 62 %), avec des taux de tri supérieurs à 70 %, qui rendent inutiles d’énormes installations industrielles et diminuent tout autant la quantité de déchets à enfouir.
Ce retournement de l’Exécutif, qui affirme régulièrement s’inscrire dans le combat environnemental porté depuis 50 ans par les nationalistes, est inacceptable.
Il conforte ce que la Corse a toujours fait : mettre les déchets « sous le tapis », pour pouvoir poursuivre sans entrave le développement du tourisme et la consommation tous azimuts. Avec la bénédiction de l’État et au plus grand profit des « opérateurs » privés.

Courrier adressé à la Direction Interrégionale de la Mer Méditerranée

Mardi 25 juin 2024
Monsieur Le Directeur adjoint de la Direction Interrégionale de la Mer Méditerranée,
Comme suite à notre réunion publique réalisée le 6 juin avec l’assistance de l’association nationale RESPIRE, nous vous remercions très sincèrement d’avoir bien voulu nous apporter une réponse.
Littéralement abandonnés nous apprécions particulièrement cette prise de contact.
Tous nos courriers restent lettre morte, toutes les réunions restent sans suite et des enfants se meurent dans une indifférence insupportable des pouvoirs publics bien plus enclins à dégager du cash par la vente de cigarettes ou de colifichets made in Taïwan.
On sacrifie le cadre de vie et la santé des riverains et des autres personnes impactées au gré des vents, au seul bénéfice d’une activité qui n’est pas essentielle et qui ne profite qu’à quelques intervenants locaux à l’aura suffisamment puissante pour recueillir le parfait silence des décideurs.
Devant l’importance des plaintes que nous enregistrons au quotidien et en l’absence de mesures locales (Préfecture de Corse, Dir-Med, Collectivité de Corse, Mairie..,) nous devons apporter une solution juridique à ce problème de pollution de l’air émise par les bateaux et tout particulièrement par les paquebots de croisières.
Quelle est la teneur en soufre des carburants de ces monstres qui restent à quai des heures durant ? Quels sont les taux d’émission en particules fines et oxydes d’azote ?
Nous l’ignorons, mais il nous semble évident que l’absence de contrôles des navires et des carburants, encourage les pratiques illégales des armateurs « voyous » qui fréquentent nos ports avec assiduité.
Il est évident que nous n’acceptons plus de nous contenter des voeux pieux déclinés à l’envi dans tous les plans et schémas récurrents et inopérants tout comme des mesures réalisées par Qualitair Corse dans le cadre de « Aer Nostrum » (projet interreg Marittimo sur la thématique de la pollution maritime à quai).
La présence des navires au centre de la ville et la faible hauteur des cheminées impactent directement les habitations urbaines avec des concentrations importantes et souvent très localisées. Or, les normes à respecter se basent sur des valeurs moyennées, effaçant ou lissant
les chiffres dans une zone déjà très impactée par l’inversion thermique, la centrale au fioul du Vazzio, la circulation automobile et aérienne, les brûlages.., ces moyennes sont donc insuffisantes voire inadaptées pour une quelconque évaluation de l’impact sanitaire.
Les données que nous avons recueillies par un appareil homologué lors du départ de navire sont jusqu’à 80 fois supérieures aux « normes » actuelles et à fortiori à mille lieux des recommandations de l’OMS. 
Que ce soit pour la mise à disposition de drones comme à Marseille, le contrôle des carburants, ou une simple égalité de traitement des citoyens sur un même territoire, la zone SECA Med n’interviendra « peut-être » qu’au 1er mai 2025, soit avec plus de 10 ans de retard sur la zone ECA « Manche-Mer-du-Nord » avec les freins inéluctables de la CCI qui a annoncé dores et déjà quelle
ne demanderait pas aux compagnies de signer une charte locale qui pourrait les dissuader de fréquenter nos ports.
Les armateurs parviendront-ils à bénéficier de dérogations pour utiliser des scrubbers en open loop dans les eaux territoriales voire même dans la bande des 3 milles comme la Corsica Linea, ou feront-ils des investissements dans la protection de la santé de tous ? 
Une seule compagnie maritime a fait le choix de s’engager dans des avancées majeures pour la protection de l’environnement et de la santé en Corse et nous saluons l’engagement de « La Méridionale » sur cette voie et pour avoir installé le filtre à particules sur le PIANA qui semble avoir donné d’excellents résultats.
Mais il est évident que la Loi qui s’applique en Corse est très souvent à géométrie variable.
D’ailleurs nous devons souligner pour conclure qu’en ce 20 juin 2024, alors que la Corse est en alerte pollution aux particules fines, la CCI accueillait le « Marella Explorer » à quai pendant qu’un roulier exhalait ses fumées noirâtres, pourtant la Loi fait bien état de limiter l’usage de moteurs thermiques ces jours-là.
Monsieur le Préfet de Région assisté de l’antenne locale Dir Med en concertation avec la CdC et la Mairie en ont décidé autrement, au grand dam de la population locale.
En pièces jointes vous trouverez des photos concernant cette journée particulière du 20 juin et quelques autres publications avec les dates attestant de la véracité de nos allégations.
En vous remerciant de l’intérêt que vous avez bien voulu nous témoigner, nous restons à votre disposition pour des échanges complémentaires en visio ou en personne à Ajaccio.
Dans cette attente, nous vous prions d’accepter, Monsieur le Directeur, l’expression de nos salutations les plus distinguées.

Pour la Coordination TERRA
A Sentinella,
France Asso Santé,
La Ligue contre le cancer 2A,
Le GARDE
U Levante,

LOIS DE DÉFISCALISATION – UN CHOIX DE SOCIÉTÉ

Document réalisé et soumis à l’Assemblée de Corse – Commission «Éthique et politiques publiques» – Réunion du 24 mai 2023
PROPOSITIONS DES ASSOCIATIONS  POUR METTRE UN FREIN A LA SPECULATION ET LA « AIRBNBISATION » DE LA CORSE

En remplacement de la loi Duflot, la loi Pinel a été mise en place en 2014 afin de dynamiser le marché immobilier dans les zones tendues. Ainsi, les investisseurs qui achetaient dans des secteurs géographiques où la demande locative était plus forte que l’offre ont eu la possibilité de bénéficier de réduction d’impôt.


Ce dispositif prolongé par la loi de finances 2021 pour l’année 2022, a été remplacé par la loi « Pinel Plus » début 2023.


La loi de finances pour 2023 a prorogé de quatre ans le crédit d’impôt prévu en faveur des investissements réalisés en Corse et précise le champ d’application de l’exclusion des locations meublées.
Statut des loueurs en meublé professionnels (LMNP)
Un loueur en meublé est professionnel lorsque les deux conditions suivantes sont remplies :
 les recettes annuelles retirées de cette activité par l’ensemble des membres du foyer excèdent 23 000 € sur l’année civile ;
 ces recettes excèdent les revenus du foyer fiscal soumis à l’impôt sur le revenu dans les catégories des traitements et salaires (y compris les pensions et rentes viagères ainsi que les revenus des gérants et associés mentionnés à l’article 62 du CGI), des bénéfices industriels et commerciaux (autres que ceux tirés de l’activité de location meublée), des bénéfices agricoles et des bénéfices non commerciaux.

Loi Pinel 2023 Réduction d’impôt,                                                                                               Si investissement réalisé avant 31/12/2022 pour engagement de location pour 12 ans : 21% – 9 ans : 18% – 6 ans : 12%
Investissement à compter du 1er janvier 2023, selon la durée d’engagement de location : Douze ans : 17,5 % en 2023, 14 % en 2024, Neuf ans : 15 % en 2023, 12 % en 2024 et Six ans : 10,5 % en 2023, 9 % en 2024

La loi Censi-Bouvard 2023 permet aux contribuables de
bénéficier d’une réduction d’impôt pouvant aller jusqu’à 11%
du prix du bien, dans la limite de 300 000 euros.

La loi Malraux avantage fiscal en échange d’un investissement réalisé avant le 31 décembre 2023 dans un bien immobilier à rénover et d’un engagement à louer le bien par la suite.
Via ce statut de loueurs en meublé, les investisseurs particuliers peuvent même récupérer la TVA sur le prix d’acquisition du bien s’ils le mettent en location en proposant des services hôteliers.
Il est possible de récupérer environ 16 % du prix d’achat du logement, si toutes les conditions suivantes sont réunies :
 Vous avez un numéro de TVA.
 La société exploitante fait apparaître la TVA sur les loyers qu’elle vous verse.
 Vous reversez cette TVA à l’État (si vous ne savez pas le faire, rapprochez-vous d’un comptable).
 Le logement est acquis neuf.
 La société exploitante propose des services de blanchisserie, accueil, petit déjeuner et entretien.
 Vous avez signé un bail d’au moins 9 ans avec cette société exploitante.

Ces nombreuses mesures de défiscalisation produisent une spéculation foncière et immobilière effrénée.
PROPOSITIONS :Mettre un frein à la spéculation immobilière en n’offrant plus de défiscalisation sur l’achat du neuf. Au contraire, proposer une défiscalisation sur l’achat de l’ancien à rénover et à louer à prix encadré. (La Loi Malraux semble intéressante mais elle s’achève en décembre 2023). On remettrait ainsi sur le marché les logements anciens, souvent passoires thermiques, et on permettrait à des jeunes ou à des familles de s’installer
– Taxer les transactions immobilières à partir d’un certain seuil
Statut des loueurs en Meublé Non Professionnel (LMNP)
C’est une opportunité fiscale pour les propriétaires qui séduit de plus en plus. Pourquoi ?
Être LMNP c’est bénéficier de revenus complémentaires non fiscalisés lors de la réception des loyers, tout en profitant de son bien plusieurs semaines par an. En effet, contrairement à de la location vide, les recettes locatives du LMNP sont taxées au régime des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), bien plus avantageux que celui des revenus fonciers.
Le micro-BIC vous donne droit à un abattement de 50 %. Le régime réel vous permet de déduire vos frais et charges.
Si les revenus annuels issus de la location dépassent les 23 000 euros sur l’année civile et si les recettes sont supérieures au montant total des autres revenus d’activité du foyer, le statut est désormais modifié pour devenir LMP, soit Loueur Meublé Professionnel.
Mais pour l’un comme pour l’autre, les bénéfices relèvent du régime d’imposition BIC.
Côté avantages, la liste est longue : récupération de la TVA de 20 % sur l’achat dans une résidence neuve, compléments de revenus réguliers, rentabilité garantie que le bien soit loué ou non, un dispositif performant pour préparer la retraite et constituer un patrimoine, tout en bénéficiant de plusieurs semaines d’occupation par an du bien.
En résumé, pour les loueurs non-professionnels :


– Locations de logements vides : abattement de 30%
– Location de locaux meublés classiques : abattement de 50 %
– Location de locaux meublés de tourisme classés : abattement de 71 %
Au vu de ces mesures fiscales très avantageuses pour les meublés de tourisme, il ne faut pas s’étonner si, en Corse, le meublé touristique représente 39716 logements (Source Air DNA) sur un total de 249 668 logements, soit un indicateur de pression foncière de 15,9 %.
Cela représente plus de 80 % du parc locatif privé.
Les Corses ne peuvent plus se loger, car il n’y a plus de locations à l’année.
En attendant la mise en oeuvre d’un hypothétique « statut de résident »  (obligation de 10 ans de résidence afin de pouvoir acquérir un bien) qui ne pourrait voir le jour qu’après une adaptation législative et règlementaire permettant à la CdC de se voir attribuer les compétences juridiques
d’autorisation de l’exercice de la location de meublés touristiques, la CdC et les collectivités locales disposent de certaines compétences qu’elles peuvent d’ores et déjà exercer :
PROPOSITIONS POUR METTRE UN FREIN A LA SPECULATION ET LA « AIRBNBISATION » :
– Renforcement du droit de préemption
– Mise en place d’un règlement de changement d’usage des locaux d’habitation sauf pour les résidences principales louées au maximum 120 jours/an – Mise en place d’un numéro d’enregistrement pour les meublés de tourisme afin d’assurer suivi et contrôle
– Mise en place d’un « permis de louer » pour limiter l’accès à la location à un seul meublé par foyer fiscal en plus du logement principal
– Majoration de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires
Enfin, l’Office Foncier de la Corse doit devenir un instrument majeur des politiques publiques d’aménagement du territoire. Celui-ci doit voir ses compétences affirmées, renforcées et réellement mises en oeuvre.
Pour rappel :
– L’OFC peut acquérir du foncier bâti ou non-bâti pour le compte des Communes et de leurs groupements, pour l’Etat et ses établissements publics.
– L’OFC peut acquérir des biens de façon amiable, par voie d’expropriation ou en exerçant le droit de préemption que lui a délégué la commune. L’Office Foncier de la Corse achète des biens au prix fixé par France Domaine. Il en assure le portage jusqu’à ce que la collectivité finalise et mette en oeuvre son projet.
– L’OFC peut céder alors le foncier, acquis et porté, au prix d’achat, à la collectivité maître d’ouvrage ou à son aménageur. Il dispose également d’un rôle de conseil et apporte son expertise à la collectivité.